Histoire du vignoble



Histoire d'un vignoble illégal

Les pionniers du vignoble

En 1980, Christian Barthomeuf se rend en Ontario avec monsieur Jacques Breault (qui cultive encore la vigne à Dunham) pour chercher des boutures et plante ses premiers ceps de De Chaunac, Seyval blanc et Maréchal Foch au Domaine. Ce qui fait du Domaine Des Côtes d’Ardoise, le plus ancien vignoble commercial encore en exploitation au Québec.

1981 : Plantation de Maréchal Foch, de Seyval blanc et de Pinot noir.

1982 : Plantation de Seyval et de Chardonnay.

1983 : Ajout de 13,000 plants, dont du Gamay et du Pinot noir. Le vignoble est vendu à messieurs Jean-Louis Roy et Gilles Ducharme, et monsieur Barthomeuf en reste le gérant.

1984 : Le vignoble est vendu à monsieur Jacques Papillon.

2010 : Le vignoble est vendu à Steve Ringuet, Julie Tassé, Marc Colpron et Ginette Martin.

2012 : Achat du verger voisin: Retour aux sources et production du cidre de glace: La Pomelière

2013 : Ajout de 15,000 plants, dont du Riesling, Gewurztraminer, Chardonnay, Acadie Blanc et Frontenac gris.

La première vinification en blanc et en rouge fut effectuée en 1982. Au printemps 1983, le Domaine commençait à vendre ses premières bouteilles et ceci dans la plus parfaite illégalité, car il n’existait aucun permis de production de vin artisanal et encore moins de permis de vente.

Vendre son vin sans permis

Il fallait bien un statut quelconque pour ce vignoble qui vendait son vin sans permis, mais les autorités ne savaient vraiment pas comment traiter le problème qui menaçait par ailleurs de devenir plus sérieux car d’autres hurluberlus commençaient aussi à planter de la vigne à Dunham. On ne pouvait assujettir aux mêmes lois  un tout petit vignoble qui produit son raisin et les gros fabricants de vins commerciaux qui importent leurs vins et leurs moûts de partout dans le monde.

Il fallait créer quelque chose de nouveau. Pressions politiques, il faut bien le dire, et intervention de madame Claire Lambin Plante, alors directrice de la revue La Barrique, convainquirent les dirigeants de la SAQ de venir au vignoble en août 1984, pour au moins goûter les produits du Domaine.

Dégustation au vignoble

Par un beau dimanche après-midi s’amenèrent donc le président de la SAQ, M. Lord et le directeur des laboratoires M. Tremblay. La visite fut courte car nos visiteurs craignaient d’être surpris par les gens des médias dans une organisation clandestine.

Dégustation au vignoble Après dégustation, M. Tremblay déclara surpris, « mais c’est buvable, c’est même vendable ». Le premier pas vers un permis artisanal était franchi. Les permis furent émis au printemps 1985, et 3 ans plus tard le Domaine des Côtes d’Ardoise gagnait la première médaille accordée à un vignoble québécois : le Seyval Carte d’Or 86 remporte la médaille d’or aux Sélections Mondiales 1987 à Montréal dans la catégorie vin blanc populaire, devant le Pierre Masson classique et un vin français du nom de La Pucelle.

 

 

Médaille du vin blanc Seyval 1986Depuis ce temps, le vignoble Domaine des Côtes d’Ardoise n’a cessé de grandir en quantité et en qualité. Le domaine d'une superficie de 180 hectares cultive aujourd’hui 46,000 plants de vignes sur une surface de plus 11 hectares.

Viniferas rouge : Gamay
Viniferas blanc : Riesling, Chardonnay, Gewurztraminer
Hybrides rouge : Foch, De Chaunac, Chélois, Lucy Kullman.
Hybrides blanc : Seyval, Aurore, Acadie Blanc, Frontenac blanc, Vidal

En 2011, la production varie entre 35,000 et 40,000 bouteilles de vin par année.

Histoire du permis artisanal

Peu de gens connaissent les conditions misérables dans lesquelles les premiers vignobles du Québec ont dû travailler pendant les années 80, et la première moitié des années 90, conditions découlant du manque de considération accordée par le gouvernement du Québec à la viticulture qui tentait de s'implanter.

Rappelons d'abord qu'en dépit du fait que les premiers vignobles se soient établis au début des années 80, ce n'est qu'en 1985 que les premiers permis de production artisanale ont été émis, après de pénibles démarches auprès du Gouvernement du Québec et de la SAQ.

Ces conditions n'étaient en rien faites pour faciliter la tâche de ceux qui espéraient créer une petite industrie viticole au Québec. Bien au contraire, ces conditions étaient tellement restrictives qu'elles semblaient être imposées davantage pour décourager que pour aider ces premiers téméraires. Pendant la même période l'Ontario et le gouvernement fédéral se préparaient à investir des millions de dollars dans les vignobles de l'Ontario.

Les premiers permis de production artisanale de vins émis en 1985 à 5 vignobles, étaient accompagnés des conditions suivantes :

  • Taxe spéciale à payer à la SAQ de 30%. Pour contrôler, la SAQ se rendait dans les vignobles mettre de gros timbres orange sur les bouteilles.
  • Bien certainement, les autres taxes s'appliquaient également ( taxes de vente, d'accise, droit spécifique, etc. ) pour un total de plus de 40%.
  • La vente était limitée exclusivement au vignoble.
  • Interdiction de vendre des dégustations au vignoble à moins de posséder un permis d'alcool.
  • Évidemment défense de laisser les gens consommer du vin dehors autour de la boutique avec leur pique-nique sans avoir un permis de restaurant avec permis d'alcool.
  • Défense de faire déguster dans les foires ou manifestations agricoles ou alimentaires.
  • Défense d'acheter du raisin d'un autre agriculteur cultivant de la vigne mais ne désirant pas vinifier lui-même.
  • Évidemment aucun droit de faire la livraison des produits, même si le client payait lui-même le coût du transport.
  • Bien sur, interdiction de vendre aux restaurants.
  • Interdiction d'employer, pour décrire les vignobles ou les vins, de termes employés ailleurs en Europe ou même ailleurs au Canada, tels que Domaine, Clos, primeur, etc, sous prétexte d'accords internationaux signés avec la France.
  • Impossibilité pratique de vendre à la SAQ ( même si personnellement, le Seyval Carte d'Or 86 du Domaine, s'était mérité une médaille d'or aux Sélections Mondiales de 1987, ce qui normalement lui aurait donné automatiquement le droit d'être vendu à la SAQ ) sans passer par le département de l'importation.

Comme on peut le constater, il eut été difficile de faire mieux et davantage pour essayer de tuer dans l'œuf toute initiative concernant la viticulture au Québec.

Les conditions sont certes différentes aujourd'hui, mais elles ont perduré pendant de trop nombreuses années, en fait jusqu'au milieu des années 90, retardant considérablement ainsi le développement de la viticulture au Québec.

Les conditions ont changé grâce à deux facteurs :

  • L'action soutenue des représentants de l'Association des Vignerons du Québec. Il faut rendre hommage à tous ceux qui se sont battus pendant des années pour obtenir le moindre petit changement qui semble si facilement aller de soi maintenant, que l'on a peine à imaginer qu'il en fut autrement un jour.
  • L'ouverture d'esprit du gouvernement à compter de 1996, qui a permis des changements importants au plan législatif, fiscal et administratif.

A- Au plan législatif :

Adoption par l'Assemblée Nationale en juin 1996 de la loi 44 permettant aux artisans la vente de leurs produits dans les hôtels, bars, restaurants et autres établissements détenant un permis pour consommation sur place.

B- Au plan fiscal :

  • Réduction dans le discours du budget de 1997, du droit spécifique de .89 cents à .45 cents le litre.
  • Abolition, dans le discours du budget suivant de 1998, du droit spécifique de .45 cents le litre sur les premiers 1500 hectolitres.
  • Adoption par la SAQ d'une politique à l'égard des artisans achetant de l'alcool de grain pour l'élaboration de leurs produits, évitant les problèmes de double taxation et de remboursement subséquent.

C- Au plan administratif :

Par les directives de la RACJ (Régie des alcools, des courses et des jeux) dans ses nombreuses directives.

  • À l'été de 1997, permission est donnée aux artisans, à titre expérimental, de présenter, de faire déguster et de vendre leurs produits dans les foires agricoles.
  • L'abaissement à un hectare de la norme minimale pour obtenir un permis de producteur artisan.
  • Élimination de l'interdiction d'employer des dénominations, des termes, communément employés partout dans le monde comme , « CLOS », « CÔTES », Primeur, Domaine etc.
  • Droit conféré au vigneron artisan, à titre de producteur agricole, de vendre ses vins dans les marchés publics considérés comme des extensions de leurs lieux de production. (Directive 010598-1127). Par la même directive, le permis de producteur artisan comporte également le droit de transporter les dits produits.
  • Le producteur artisan de vin n'est plus tenu de produire 100% des fruits entrant dans ses boissons. Tout en continuant de devoir produire au moins 50% des intrants, il peut dorénavant acheter 35% de raisins, à l'état frais ou transformé d'autres producteurs agricoles du Québec et 15% de toute source, incluant la SAQ. (Directive 100798-1129).

Apport économique de la viticulture

Dans tous les pays du monde, la viticulture est source d'emplois, de développement économique et touristique. Il n'y a plus aucun doute à ce sujet quand on voit ce qui se passe depuis fort longtemps en Europe et plus récemment en Californie et dans la vallée du Niagara.

Depuis une quinzaine d'années le gouvernement fédéral et celui de l'Ontario ont investi massivement en viticulture et en ont récolté des retombées très importantes.

Maintenant que les viticulteurs québécois, ont depuis près de 25 ans, fait leur devoir et montrer le sérieux de leur démarche, en investissant des dizaines de millions de dollars, ne serait-il pas le temps que nos deux niveaux de gouvernement fassent leur part en soutenant la viticulture de chez nous ?

Le vin rouge au Québec

Voici la photo d’une bouteille du Clos de Saragnat, premier vin rouge produit par Le Domaine des Côtes d’Ardoise, premier vignoble artisan encore en opération au Québec.

Vin rouge du vignoble

Fruit de la vendange 1982 du vignoble Domaine des Côtes d’Ardoise, il était fait de De Chaunac, un hybride français.

C’était à l’époque où les experts disaient qu’il était impossible de faire du vin au Québec, qu’il soit blanc ou rouge. Par la suite, graduellement, à la fin des années 80, on commença à admettre que, peut-être, on pouvait être capable de faire du vin blanc au Québec, mais certainement pas du vin rouge.

Travail et expertise

Même parmi les premiers vignobles, plusieurs en étaient convaincus. Lentement la mentalité changea. On s’aperçut qu’avec du travail, de l’expertise de vinification et de la persistance on pouvait obtenir de bons résultats, de telle sorte qu’aujourd’hui, rares sont les vignobles qui ne produisent pas de vin rouge. Certes c’est moins facile que de faire du vin blanc dont on peut cacher plus facilement certains défauts en le servant froid.

Un bon vin rouge

Au vignoble Domaine des Côtes d’Ardoise on a toujours cru en la possibilité de faire un bon vin rouge et c’est pour cela que notre production, depuis le tout début, est moitié-moitié, vin blanc et vin rouge. Et pour ce faire, nous cultivons du Gamay (le cépage du Beaujolais), du Foch, du Chélois, du De Chaunac, du Lucy Kullman et une petite quantité d’un nouveau cépage hybride, le Frontenac.

L’avenir dans ce domaine est prometteur. Nombreux sont ceux qui cherchent à développer un bon cépage rouge résistant au froid et à maturité hâtive. Les Ontariens (The Cool Climate Oenology and Viticulture Institute (CCOVI) at Brock University) avec leur département de recherche sur la viticulture en climat froid et les Américains du Minnesota sont à l’avant-garde. Il est certain que leurs efforts seront couronnés de succès dans un avenir prochain.

 

 

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